Guide de destination
Constantine, de la vieille ville au musée Cirta

Pour une première visite de Constantine, je vous conseillerais de consacrer l’essentiel de votre temps à la vieille ville et au palais d’Ahmed Bey, qui en fait partie. J’ajouterais ensuite le musée Cirta, à moins d’un kilomètre du palais, si vous vous intéressez à l’Antiquité.
La vieille ville
Je commencerais par elle. La fiche que lui consacre la Carte du patrimoine culturel algérien, qui l’appelle aussi la Souika, décrit des ruelles étroites et une architecture à dominante islamique. Elle compte parmi ses monuments la Grande Mosquée, le palais du Bey, des médersas et des maisons anciennes.
La même fiche distingue quatre grands quartiers aux limites floues : la Casbah au nord-est, Tabia au nord-ouest, Bab El Djabia au sud et El Kantara au sud-est. Les souks y étaient spécialisés par métier, et plusieurs gardent encore le nom de leur ancienne activité, comme le souk des bouchers ou celui des forgerons. Les places bordées de maisons appelées « rahba » portent elles aussi le nom de ce qu’on y vendait : Rahbet Essouf pour la laine, Rahbet Ledjmel pour les chameaux.
La vieille ville est protégée comme secteur sauvegardé depuis 2005. L’étude du plan de sauvegarde, approuvée en 2012, couvrait 85 hectares et 1 140 maisons. Je vous conseille d’y prendre le temps de marcher : à mon sens, c’est l’ensemble du tissu urbain, bien plus qu’un monument isolé, qui justifie la visite.
Le palais d’Ahmed Bey
Si vous ne deviez entrer que dans un seul bâtiment de la vieille ville, je vous conseillerais celui-ci. Le palais figure parmi les biens culturels protégés de Constantine et abrite aujourd’hui le Musée public national des arts et expressions culturelles traditionnelles. La fiche du musée explique que le ministère de la Culture l’a choisi parce qu’il témoigne mieux que tout autre lieu de la ville de la période ottomane.
Charles Féraud, interprète de l’armée française, en retrace l’histoire dans un récit publié en 1877 dans la revue Le Tour du monde. Il rapporte qu’El Hadj Ahmed, nommé bey de Constantine en 1826, fit acheter des marbres en Italie, débarqués à Bône (l’actuelle Annaba) puis acheminés à dos de mulet. Les bâtiments étaient à peu près achevés vers 1835, deux ans avant la prise de la ville par l’armée française en 1837.
Féraud s’attarde sur les colonnades : les arcades reposent sur des colonnes de marbre blanc aux formes très variées, carrées, rondes, torsadées ou octogonales. Il raconte aussi qu’El Hadj Ahmed, lorsqu’il n’était encore que lieutenant du bey, avait planté près de sa maison des orangers apportés de Mila : ce jardin fut ensuite englobé dans le palais.
Le musée Cirta
Je recommande le musée Cirta aux lecteurs qui s’intéressent à l’Antiquité et à l’archéologie. D’après la Carte du patrimoine culturel algérien, il occupe sur le plateau du Coudiat Aty un bâtiment inauguré le 15 avril 1931, à environ 700 mètres du palais selon la même carte. Sa section archéologique, créée en 1853, présente dans douze salles des pièces allant de la préhistoire au XIe siècle. Une section des beaux-arts, ajoutée en 1939, réunit des peintures, des aquarelles et des sculptures, et un jardin épigraphique complète le bâtiment.
Si l’archéologie vous attire moins, je donnerais plutôt la priorité à la vieille ville.
Sources
Les faits cités sur cette page viennent des sources ci-dessous. Les conseils de visite relèvent de l’avis éditorial du guide.
- Vieille ville de Constantine (fiche en arabe), Carte du patrimoine culturel algérien, consultée le .
- Palais du Bey, Carte du patrimoine culturel algérien, consultée le .
- Musée public national des arts et expressions culturelles traditionnelles, Carte du patrimoine culturel algérien, consultée le .
- Visite au palais de Constantine, par Charles Féraud (Le Tour du monde, 1877), Carte du patrimoine culturel algérien, consultée le .
- Musée public national de Cirta, Carte du patrimoine culturel algérien, consultée le .