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Constantine, de la vieille ville au musée Cirta

Pour une première visite de Constantine, je vous conseillerais de consacrer l’essentiel de votre temps à la vieille ville et au palais d’Ahmed Bey, qui en fait partie. J’ajouterais ensuite le musée Cirta, à moins d’un kilomètre du palais, si vous vous intéressez à l’Antiquité.

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Maisons de plusieurs étages alignées au bord d’une falaise calcaire, au-dessus d’une gorge étroite et boisée ; au fond, un pont à arches et des immeubles sur la colline
Constantine, au bord des gorges
Sommaire

La vieille ville

Je commencerais par elle. La fiche que lui consacre la Carte du patrimoine culturel algérien, qui l’appelle aussi la Souika, décrit des ruelles étroites et une architecture à dominante islamique. Elle compte parmi ses monuments la Grande Mosquée, le palais du Bey, des médersas et des maisons anciennes.

La même fiche distingue quatre grands quartiers aux limites floues : la Casbah au nord-est, Tabia au nord-ouest, Bab El Djabia au sud et El Kantara au sud-est. Les souks y étaient spécialisés par métier, et plusieurs gardent encore le nom de leur ancienne activité, comme le souk des bouchers ou celui des forgerons. Les places bordées de maisons appelées « rahba » portent elles aussi le nom de ce qu’on y vendait : Rahbet Essouf pour la laine, Rahbet Ledjmel pour les chameaux.

La vieille ville est protégée comme secteur sauvegardé depuis 2005. L’étude du plan de sauvegarde, approuvée en 2012, couvrait 85 hectares et 1 140 maisons. Je vous conseille d’y prendre le temps de marcher : à mon sens, c’est l’ensemble du tissu urbain, bien plus qu’un monument isolé, qui justifie la visite.

Les gorges et le pont Sidi M’Cid

On surnomme Constantine la ville des ponts suspendus : plusieurs ponts franchissent les gorges du Rhumel, dont celui de Sidi M’Cid, suspendu à 175 mètres au-dessus de la rivière.

Pilier de pierre d’un pont suspendu, portant une plaque et le panneau « Pont Sidi M’Cid » ; les câbles et le tablier filent vers une falaise ocre, sous un ciel bleu traversé d’oiseaux, avec des bâtiments blancs et jaunes au sommet

Le pont Sidi M’Cid

Le surnom ne se prend pas au pied de la lettre. Parmi les ponts que cite la Direction du tourisme de Constantine (Sidi Rached, El Kantara, Sidi M’Cid et le pont des Chutes), c’est Sidi M’Cid qu’elle appelle « le pont suspendu », et qu’elle présente comme le plus impressionnant. Il a été inauguré le 19 avril 1912. Si vous ne deviez en voir qu’un, je commencerais par celui-ci.

Gorge rocheuse au coucher du soleil, une rivière qui passe sous le pont des Chutes, à arches, puis une vallée verte qui s’ouvre vers des collines

Les gorges du Rhumel et le pont des Chutes, vus depuis le pont Sidi M’Cid

Le palais d’Ahmed Bey

Si vous ne deviez entrer que dans un seul bâtiment de la vieille ville, je vous conseillerais celui-ci. Le palais figure parmi les biens culturels protégés de Constantine et abrite aujourd’hui le Musée public national des arts et expressions culturelles traditionnelles. La fiche du musée explique que le ministère de la Culture l’a choisi parce qu’il témoigne mieux que tout autre lieu de la ville de la période ottomane.

Charles Féraud, interprète de l’armée française, en retrace l’histoire dans un récit publié en 1877 dans la revue Le Tour du monde. Il rapporte qu’El Hadj Ahmed, nommé bey de Constantine en 1826, fit acheter des marbres en Italie, débarqués à Bône (l’actuelle Annaba) puis acheminés à dos de mulet. Les bâtiments étaient à peu près achevés vers 1835, deux ans avant la prise de la ville par l’armée française en 1837.

Féraud s’attarde sur les colonnades : les arcades reposent sur des colonnes de marbre blanc aux formes très variées, carrées, rondes, torsadées ou octogonales. Il raconte aussi qu’El Hadj Ahmed, lorsqu’il n’était encore que lieutenant du bey, avait planté près de sa maison des orangers apportés de Mila : ce jardin fut ensuite englobé dans le palais.

Le musée Cirta

Je recommande le musée Cirta aux lecteurs qui s’intéressent à l’Antiquité et à l’archéologie. D’après la Carte du patrimoine culturel algérien, il occupe sur le plateau du Coudiat Aty un bâtiment inauguré le 15 avril 1931, à environ 700 mètres du palais selon la même carte. Sa section archéologique, créée en 1853, présente dans douze salles des pièces allant de la préhistoire au XIe siècle. Une section des beaux-arts, ajoutée en 1939, réunit des peintures, des aquarelles et des sculptures, et un jardin épigraphique complète le bâtiment.

Si l’archéologie vous attire moins, je donnerais plutôt la priorité à la vieille ville.

Tiddis, l’antique Castellum Tidditanorum

Tiddis se trouve dans la wilaya de Constantine, sur la commune de Béni Hamidène, au nord-ouest de la ville : une quinzaine de kilomètres à vol d’oiseau et, selon la Direction du tourisme de Constantine, une trentaine par la RN 27. L’antique Castellum Tidditanorum s’accroche à flanc de montagne, au-dessus des gorges du Rhumel. On l’appelle aussi Ksantina el-Kadima, « la vieille Constantine » : c’était une place fortifiée qui protégeait la ville. Son nom berbère, souligne la Direction du tourisme, montre qu’elle existait bien avant la conquête romaine.

Le site a été habité pendant très longtemps, des premières tombes numides, les bazinas, jusqu’au Moyen Âge islamique, selon l’ouvrage qu’André Berthier lui a consacré, publié en 2000 par l’Académie des inscriptions et belles-lettres. Berthier y a fouillé pendant des décennies, de façon systématique à partir de 1941. On y voit notamment une porte au nord, un petit forum, le quartier des potiers et des sanctuaires ; l’ouvrage décrit aussi trois nécropoles. Faute de source d’eau, des citernes publiques et privées, réparties dans toute la ville, recueillaient l’eau de pluie, selon la Princeton Encyclopedia of Classical Sites.

Une grande partie reste à découvrir : en 2015, Algérie 360 rapportait que 7 hectares seulement, sur une quarantaine, avaient été fouillés.

Allée de piliers et de blocs de pierre antiques, menant vers une arche à demi enterrée ; à gauche, un pan de mur en ruine et un palmier ; au fond, une colline de terre rouge semée de buissons

Les vestiges de Tiddis

Sources et crédits photo

Sources

Les faits cités sur cette page viennent des sources ci-dessous. Les conseils de visite relèvent de l’avis éditorial du guide.

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