Guide de destination

Mis à jour le

Jijel, la corniche et le parc de Taza

Je suivrais d’abord la côte vers l’ouest : le Grand Phare, à quelques kilomètres de la ville, puis la corniche et ses falaises, jusqu’aux Grottes merveilleuses. Je garderais un autre jour pour l’est, où le lac de Béni Belaïd montre une côte toute différente, faite de dunes et d’eau douce.

Vue plongeante sur une mer turquoise si claire que l’on devine les rochers du fond ; une petite barque blanche y trace son sillage, au-dessus de rochers et de buissons au premier plan
La mer sur la côte de Jijel, vue d’en hautPhoto : saidani moussaab / Unsplash
Sommaire

L’essentiel

En ville
Le front de mer, puis le Grand Phare, sur son cap, à environ 6 kilomètres à l’ouest.
Vers l’ouest
La corniche, d’El Aouana à Ziama-Mansouriah, et les Grottes merveilleuses, découvertes en 1917.
Au-dessus de la côte
Le parc national de Taza et la forêt de Guerrouche.
Vers l’est
Le lac de Béni Belaïd, une zone humide d’importance internationale.

Pour la route, l’avion et ce qu’il faut vérifier avant de partir : Venir à Jijel.

La ville face à la mer

Jijel est le chef-lieu de sa wilaya, sur la côte de la Kabylie des Babors, et un port de pêche et de commerce. Le littoral de la wilaya s’étire sur 120 kilomètres, de Ziama-Mansouriah à l’ouest jusqu’à l’oued Z’hor à l’est, selon la direction du Tourisme de Jijel. La ville se trouve entre les deux : on peut en partir un jour vers l’ouest, un autre vers l’est.

Grande plage de sable sous un ciel bleu traversé de longs nuages blancs ; au loin, une ville basse et une jetée bordent la mer

Une plage de JijelPhoto : Boukelia Idris / Unsplash

Son histoire est ancienne, et mal connue. Le nom antique de la ville, Igilgili, a sans doute une origine carthaginoise, et Auguste en fit l’une des premières colonies romaines de la côte, comme Saldae, l’actuelle Béjaïa (P. Salama, Encyclopédie berbère). Au XVIe siècle, la ville servit de base aux frères Barberousse (Larousse). Une expédition française y débarqua en juillet 1664 sans parvenir à s’y maintenir. La conquête française de la ville date de 1839.

De l’Antiquité, le ministère de la Culture protège le site de Rabta, sur la commune de Jijel, par un arrêté du 14 juillet 2007. La direction du Tourisme le fait figurer dans son circuit historique, sous le nom de cimetière phénicien El Rabta, aux côtés du front de mer et du Grand Phare. Ses conditions de visite ne sont pas publiées.

Le front de mer de Beaumarchais occupe le centre-ville. Il a été réaménagé pendant près de quatre ans, jusqu’au début de 2018, et le résultat ne faisait pas l’unanimité (Algérie360, février 2018). Le port de pêche de la ville s’appelle Boudis. La Société de gestion des ports de pêche y rattache deux autres ports de la wilaya, ceux d’El Aouana et de Ziama-Mansouriah, sur la côte ouest.

Une personne de dos, en ciré jaune à capuche, debout dans une prairie aux herbes hautes, face à une grande bâtisse abandonnée aux fenêtres vides, sous les branches d’un pin

Une bâtisse abandonnée, au fil d’une promenadePhoto : Houari Bhd / Unsplash

Le Grand Phare

On l’appelle le Grand Phare, mais son nom est celui du cap qui le porte : le phare de Ras el Afia, à environ 6 kilomètres à l’ouest de la ville, selon la direction du Tourisme et le quotidien Liberté. On y monte par une route qui quitte la RN 43.

C’est un phare en maçonnerie, dont l’histoire varie selon les sources. L’Office national de signalisation maritime (ONSM) donne 1907 comme date de construction ; la direction du Tourisme de Jijel le dit construit en 1867 et mis en service en 1907. Sa tour mesure 16,8 mètres, mais son feu brille à 45,2 mètres au-dessus de la mer, et porte à 21 milles nautiques, soit près de 39 kilomètres (ONSM). Ce n’est pas un décor : en 2021, Liberté le décrivait toujours en service, veillé par son gardien, pour guider les navires le long de la côte.

Aucune visite régulière n’est annoncée. Liberté racontait en 2021 une visite accompagnée par le gardien, de l’entrée jusqu’à la lanterne, et l’ONSM se disait prêt à l’ouvrir aux circuits touristiques ; nous n’avons trouvé aucune annonce depuis. Venez pour la silhouette blanche du phare sur son promontoire rocheux, et pour la mer tout autour.

Un phare blanc, tour et bâtiment, posé sur un promontoire rocheux au-dessus d’une mer vert d’eau ; quelques palmiers à droite, sous un ciel rosé

Le Grand Phare, sur le cap de Ras el AfiaPhoto : Haithem Ferdi / Unsplash

La corniche

À l’ouest de la ville, la RN 43 suit la mer jusqu’à Béjaïa. Entre El Aouana et Ziama-Mansouriah, la côte se dresse en falaises : c’est la « corniche jijélienne », comme l’appelle la direction du Tourisme. La route y est parfois taillée dans la montagne, et c’est le seul axe direct entre Jijel et Béjaïa (TSA, avril 2024).

Elle est aussi fragile. Le 21 avril 2024, un effondrement de la chaussée l’a coupée à la sortie ouest de Ziama-Mansouriah, selon la Protection civile citée par la Radio Algérienne, et la presse régionale décrit des affaissements qui reviennent chaque hiver sur ce tronçon (Le Provincial, décembre 2023). En hiver ou après de fortes pluies, renseignez-vous sur son état avant de la prendre.

Collines couvertes de maquis qui plongent dans une mer grise ; une route taillée à flanc de falaise longe la côte, et des îlots se perdent dans la brume au loin

La côte de Jijel, entre maquis et falaisesPhoto : Samer Menghour / Unsplash

El Aouana

El Aouana est le premier village de la corniche en quittant Jijel. Au large, une petite île rocheuse, que l’on appelle ici Dzira, selon la direction du Tourisme. La commune a son petit port de pêche.

Les Grottes merveilleuses

Plus loin, entre El Aouana et Ziama-Mansouriah, à 35 kilomètres à l’ouest de Jijel, la route passe devant les Grottes merveilleuses. Elles ont été découvertes en 1917, pendant les travaux d’ouverture de la RN 43, et le ministère de la Culture les compte parmi les sites et monuments naturels classés depuis 1948. À l’intérieur, des stalactites et des stalagmites aux formes variées, et une température stable, autour de 18 °C, selon une dépêche de l’APS de 2012.

Leur gestion est confiée au parc national de Taza. L’été, la foule s’y presse : la directrice du parc comptait plus de 900 000 visiteurs entre début juin et début août 2022 (Le Jour d’Algérie). Leur ouverture, en revanche, n’est pas toujours assurée : en août 2023, une panne électrique les avait fermées une semaine (Echorouk). Lors des incendies d’août 2026, les échoppes de l’entrée ont brûlé (Twala, 28 août 2026). Nous ne savons pas si les grottes ont rouvert depuis : faites-vous confirmer leur ouverture avant de faire la route.

Se baigner

Chaque été, la wilaya fixe la liste des plages surveillées. Pour 2026, un arrêté du 14 mai en retenait 35, dont la plage de Taza et celle des Grottes merveilleuses, à Ziama-Mansouriah, selon la Protection civile citée par Ennahar. Pour l’été suivant, attendez la nouvelle liste.

Le parc national de Taza

Au-dessus de la corniche, sur les communes d’El Aouana, de Selma et de Ziama-Mansouriah, s’étend le parc national de Taza. Un décret du 3 novembre 1984 l’a créé et a fixé son siège à Guerrouche. Il couvre 3 807 hectares et s’ouvre sur la mer par 9 kilomètres de plages et de corniche, selon une étude réalisée en 2012 pour le WWF, d’après les données de la wilaya. L’UNESCO l’a désigné réserve de biosphère en 2004.

On y vient pour la forêt. Celle de Guerrouche, au cœur du parc, est l’une des plus denses de la wilaya : chêne zéen, chêne afarès et chêne-liège, avec du merisier, des érables, du laurier et du houx, selon un reportage du Jour d’Algérie de mars 2025. L’UNESCO y signale le macaque de Barbarie, le seul macaque d’Afrique du Nord, et la sittelle kabyle, un petit oiseau qui ne vit qu’en Algérie, dans la région des Babors.

Collines couvertes de forêt au premier plan ; au loin, des sommets émergent d’une mer de brume sous un ciel rose et orangé, encadré à droite par des branches nues

Collines boisées et brume dans les valléesPhoto : zenad nabil / Unsplash

Après les incendies d’août 2026

Le 26 août 2026, des incendies meurtriers ont touché la wilaya de Jijel, notamment à Texenna, Chekfa et Ziama-Mansouriah (Horizons et Algérie Eco, 27 août 2026). À Ziama-Mansouriah, le vent a poussé le feu vers les Grottes merveilleuses et Taza (Twala), et Maghreb Emergent montrait en septembre des paysages calcinés à Taza. Aucune évaluation officielle des dégâts dans le parc n’a été publiée.

La presse a par ailleurs rapporté une interdiction de présence dans les forêts du pays jusqu’à fin octobre 2026 (Algérie360 ; RFI). Avant toute sortie dans le parc, renseignez-vous sur place sur les secteurs accessibles.

À l’est, le lac de Béni Belaïd

À l’est de la ville, près de l’embouchure de l’oued El Kebir, un lac d’eau douce d’une dizaine d’hectares n’est séparé de la mer que par un cordon de dunes. C’est la réserve naturelle du lac de Béni Belaïd, protégée par un arrêté de wilaya depuis 1997 et inscrite le 4 juin 2003 sur la liste de la convention de Ramsar, qui recense les zones humides d’importance internationale.

Selon sa fiche Ramsar, le site couvre 600 hectares : le lac, une zone inondable qui s’assèche entièrement en été, des peupliers blancs et des aulnes. C’est un site d’eau douce rare dans l’est du pays, où l’on observe notamment le fuligule nyroca, la talève sultane et le martin-pêcheur.

On y accède par un chemin agricole depuis la RN 43. Aucune condition de visite n’est publiée : la réserve dépend de la Conservation des forêts de la wilaya, à qui s’adresser avant d’y aller.

Venir à Jijel

Jijel se rejoint surtout par la route. Depuis Béjaïa, comptez environ 91 kilomètres, par la RN 9 puis par la RN 43, qui longe la côte et passe par Ziama-Mansouriah et El Aouana. Depuis Constantine, environ 131 kilomètres, par la RN 43 vers l’est puis par la RN 27. Ces distances sont approximatives, calculées avec un outil d’itinéraire fondé sur les données OpenStreetMap ; nous ne donnons pas de temps de trajet.

Vue d’en haut sur un lac turquoise entre des montagnes sous un ciel couvert ; un viaduc le franchit à gauche et un village aux toits roses s’étire sur la rive, au bord d’une route en lacets

Un lac vu depuis la route, en allant vers JijelPhoto : Daoud Abismail / Unsplash

En avion. L’aéroport Ferhat Abbas figure dans le réseau d’Air Algérie. Au printemps 2026, son programme ne prévoyait que des vols vers Alger, et la ligne directe depuis Marseille, ouverte en 2023, n’était pas proposée à la réservation pour l’été (Visa-Algérie, 24 mars 2026).

En train. L’été 2026, la SNTF a fait circuler des « trains bain de mer » entre les villes de l’Est et les plages de Jijel et de Skikda, jusqu’en août (Horizons, 4 juillet 2026). Nous n’avons pas trouvé de source sur un service régulier le reste de l’année.

En ferry. Aucune traversée de passagers ne dessert Jijel. Les ports les plus proches où accoste Algérie Ferries sont ceux de Béjaïa et de Skikda.

Ces informations sur l’avion et le train datent du printemps et de l’été 2026 : avant de réserver, consultez les horaires en vigueur d’Air Algérie et de la SNTF.

Avant de partir

Les informations de cette page ont été vérifiées le 1er octobre 2026.

Consultez aussi les conseils aux voyageurs de votre pays ; Préparer mon voyage résume ceux de la France. Ceux de la Belgique, par exemple, recommandent pour les villes de province du nord de préférer l’avion et, sur la route, les grands axes et les trajets de jour (SPF Affaires étrangères, mise à jour du 14 mai 2026).

Sources

Les faits cités sur cette page viennent des sources ci-dessous. Les conseils de visite relèvent de l’avis éditorial du guide.