Biskra, les palmeraies des Ziban et les portes de l’Aurès
Biskra est la ville des Ziban, un chapelet d’oasis au pied de l’Atlas saharien. On y vient pour ses palmeraies, pour la mosquée où repose Okba Ibn Nafi, pour une cuisine relevée et des dattes cueillies à quelques kilomètres. Comptez deux jours, l’un pour la ville et Sidi Okba, l’autre pour Tolga ou la route des gorges ; un troisième laisse le temps de l’autre excursion ou d’un bain chaud.

Choisir selon vos envies
- Remonter l’histoire
- La mosquée de Sidi Okba et le tombeau d’Okba Ibn Nafi, puis l’ancienne mosquée et la zaouïa de Tolga.
- Marcher sous les palmiers
- Le jardin Landon et les palmiers de Biskra ; à Tolga, les jardins de la Deglet Nour, au moment de la récolte.
- Prendre la route des gorges
- La palmeraie de M’Chounèche, puis le village abandonné des balcons de Ghoufi, accroché à la falaise.
- Se détendre au hammam
- Le hammam du complexe thermal de Hammam Salihine, aux portes de la ville.
- Goûter la cuisine
- La dobara et la chakhchoukha, deux plats relevés, puis des dattes de la saison.
Biskra, la ville et le jardin Landon
Les Ziban sont des oasis alignées au pied de l’Atlas saharien : le Zab Gharbi à l’ouest, autour de Tolga, et le Zab Chergui à l’est, vers Sidi Okba. Biskra en est la grande ville. À 120 mètres d’altitude, entre le Tell et le Grand Sud, elle a gagné deux surnoms, « reine des Ziban » et « porte du désert ». Sa réputation tient à ses palmiers : la wilaya en compte environ quatre millions, et c’est elle qui produit le plus de dattes en Algérie.
En ville, le jardin Landon raconte une autre histoire. Le comte Albert Landon de Longeville l’a fait planter à partir de 1872, en mêlant aux palmiers des arbres et des plantes venus d’Europe et des tropiques. Le domaine a rétréci avec la ville, mais il reste un jardin public, à un quart d’heure de marche du centre, où les familles de Biskra viennent chercher l’ombre. Vérifiez les horaires avant de vous déplacer.


Sidi Okba et le tombeau d’Okba Ibn Nafi
À une vingtaine de kilomètres au sud-est de Biskra, la ville de Sidi Okba porte le nom de celui qui y repose. Okba Ibn Nafi, qui conduisit les armées arabes au Maghreb, fut tué en 683 dans une bataille contre Koceïla, près de Téhouda, à quelques kilomètres au nord. Son tombeau, que l’historien Georges Marçais datait de 686, compte parmi les plus anciens monuments islamiques d’Algérie.


La mosquée qui l’abrite a été remaniée au fil des siècles, mais elle garde une salle de prière aux colonnes faites de troncs de palmier enduits de chaux, une coupole au-dessus du tombeau et une autre devant le mihrab. Sa porte de cèdre sculpté est classée monument historique ; la mosquée et le mausolée sont inscrits à l’inventaire des biens culturels depuis 2007. L’ancien édifice est aujourd’hui entouré d’un vaste complexe religieux moderne.

C’est un lieu de culte et de pèlerinage avant d’être un monument. Venez en dehors des heures de prière, dans une tenue qui couvre les bras et les jambes, et demandez à l’entrée si l’on peut voir l’ancienne salle et le tombeau.
Tolga et la Deglet Nour
À 37 km à l’ouest de Biskra, Tolga est la ville de la Deglet Nour, la variété de datte la plus célèbre du Zab Gharbi, dont le nom évoque la lumière. Depuis 2016, la « datte Deglet Nour de Tolga » est protégée par une indication géographique qui couvre une dizaine de communes. On la cueille à l’automne, après les variétés précoces.

À Tolga, la découverte du patrimoine passe notamment par l’ancienne mosquée et la zaouïa Ali Ben Omar. La mosquée, inscrite à l’inventaire en 2010, dresse son minaret pyramidal au-dessus du vieux quartier. La zaouïa, de la confrérie Rahmaniya, conserve environ 1 500 manuscrits ; le plus ancien, un commentaire du Coran, est daté de 355 de l’hégire, au Xe siècle. C’est un lieu d’enseignement religieux : demandez sur place si la bibliothèque se visite.

M’Chounèche et les balcons de Ghoufi
Au nord-est de Biskra, la route nationale 31 remonte la vallée de l’oued Abiod vers Arris et Batna. Elle traverse deux paysages différents : la palmeraie de M’Chounèche, encore dans la wilaya de Biskra, puis, plus haut, le canyon de Ghoufi, dans la wilaya de Batna. Les deux se font dans la même journée, par la même route : 29 km de Biskra à M’Chounèche, et environ 55 km jusqu’au belvédère de Ghoufi. Classés sites naturels depuis 1928, les gorges de M’Chounèche et le canyon de Ghoufi figurent depuis 2025 sur la liste indicative de l’Algérie à l’UNESCO, première étape vers une candidature au patrimoine mondial.
Avant de choisir cette excursion, sachez que la diplomatie française déconseille, sauf raison impérative, la wilaya de Batna et le massif des Aurès, dans lequel s’enfoncent ces gorges : les niveaux de vigilance sont détaillés dans nos conseils pratiques.
M’Chounèche, la vallée de l’oued Abiod
M’Chounèche s’étire dans une vallée encaissée entre deux djebels, le long de l’oued Abiod, au milieu des palmiers. Au-dessus des jardins, on aperçoit les vestiges de villages perchés et de greniers. Le village se découvre à pied, entre la palmeraie et les rochers de l’oued : demandez sur place les chemins praticables, surtout après la pluie.


Les balcons de Ghoufi
Dans la commune de Ghassira, daïra de T’Kout, l’oued Abiod a creusé un canyon d’environ quatre kilomètres. Sur le rebord des falaises, d’anciennes maisons de pierre sèche et de terre, en partie creusées dans la roche, se serrent au-dessus des jardins du fond de la vallée, où poussent palmiers, grenadiers, figuiers et oliviers. Les derniers habitants sont partis dans les années 1970.

Le belvédère offre déjà une belle lecture du canyon. Pour descendre vers les jardins, faites-vous accompagner et vérifiez les conditions du chemin sur place.

Une pause gourmande
La cuisine de Biskra a la réputation de piquer. La dobara en est le plat populaire : des pois chiches, parfois mêlés de fèves, servis avec leur bouillon, relevés d’ail, de cumin, de piment ou de harissa, avec un filet d’huile d’olive et du citron. On la mange dans de petites gargotes spécialisées, toute l’année, parfois dès le petit-déjeuner.
La chakhchoukha biskria se prépare le plus souvent avec du rougag, une galette très fine de semoule cuite à sec puis déchirée en petits morceaux, que l’on arrose au moment de servir d’une sauce rouge à l’agneau, aux pois chiches et au piment. Les chakhchoukhas des autres villes de l’Est sont présentées dans notre page sur la cuisine algérienne.
Pour finir, des dattes : à l’automne, la Deglet Nour arrive des palmeraies voisines.

Un bain à Hammam Salihine
À environ 3 km à l’ouest du centre, sur la route de Batna, le complexe de Hammam Salihine s’est construit autour d’une source qui sort à 43 °C. Exploité par l’entreprise publique de gestion touristique de Biskra, il réunit un hammam traditionnel, un hôtel et des bungalows, dont certains ont leur propre bassin d’eau thermale. Fin 2024, le hammam fonctionnait et un nouveau bloc de soins était en travaux : demandez avant de venir ce qui est ouvert, et à quelles heures les bains sont réservés aux hommes ou aux femmes.
Ne le confondez pas avec Hammam Essalihine, près de Khenchela, et ses bassins romains, présentés dans notre guide des thermes.
Deux ou trois jours
Ces propositions sont un avis, fondé sur les distances et sur ce que chaque lieu apporte. Si le temps manque, gardez une envie plutôt que de tout enchaîner.
- Premier jour
- Biskra le matin, avec le jardin Landon et les palmiers de la ville ; l’après-midi à Sidi Okba, puis une dobara au retour.
- Deuxième jour
- Au choix, la route des gorges (M’Chounèche le matin, Ghoufi en fin de matinée, retour dans l’après-midi) ou Tolga et ses palmeraies.
- Troisième jour
- L’autre excursion, ou une journée plus lente, avec un bain à Hammam Salihine.
Venir, se déplacer et dormir
En avion. L’aéroport de Biskra (Mohamed Khider) se trouve à une dizaine de kilomètres au sud du centre. Air Algérie le relie à Alger ; les lignes et les fréquences changent selon la saison, consultez le programme de la compagnie avant de fixer vos dates.
En train. La SNTF fait circuler un train de nuit entre Alger et Touggourt, avec un arrêt à Biskra. Vérifiez les jours et les horaires auprès de la compagnie.
Par la route. Biskra est à 115 km de Batna et à 225 km de Constantine par la route nationale 3, et à environ 400 km d’Alger. Si vous venez de Constantine, l’itinéraire Constantine, Djémila, Timgad et Guelma passe par Timgad, sur l’autre versant de l’Aurès.
Sur place. En ville, on circule en taxi. Pour Sidi Okba, Tolga et la route des gorges, une voiture est plus commode : demandez conseil à votre hôtel pour une location ou un chauffeur.
Dormir. L’hôtel Les Ziban a ouvert en 1972 sur des plans de Fernand Pouillon, dont on reconnaît les coupoles ; il dispose d’une piscine. Il appartient à l’entreprise publique de gestion touristique de Biskra et se trouve en bordure de l’oued Sidi Zarzour. Pour dormir près des bains, le complexe de Hammam Salihine propose un hôtel et des bungalows. Vérifiez la disponibilité et le tarif à vos dates.
Plus au sud. Biskra peut ouvrir un voyage dans le désert : El Oued et Ghardaïa sont présentés dans notre guide Sahara et oasis.
Préparer mon voyage
Informations vérifiées le 10 octobre 2026.
Quand partir. Biskra a un climat sec et des hivers doux. Venez de l’automne au printemps, quand la chaleur laisse marcher dans les palmeraies ; l’automne est aussi la saison des dattes.
Distances depuis Biskra, par la route. Hammam Salihine, 3 km ; Sidi Okba, 21 km ; M’Chounèche, 29 km ; Tolga, 37 km ; belvédère de Ghoufi, 55 km.
Avant le départ. Formalités, argent, santé et sécurité : voir Préparer mon voyage.
Sources
Les faits cités sur cette page viennent des sources ci-dessous. Les conseils de visite relèvent de l’avis éditorial du guide.
- Biskra, de l’oasis à la ville saharienne (Méditerranée, 99-3, 2002), Abdallah Farhi, Persée, consultée le .
- Les Ziban, région présaharienne d’oasis de piémont (thèse de géographie, Nancy 2, 1994), Salah Aidaoui, theses.fr, consultée le .
- Liste générale des biens culturels protégés, wilaya de Biskra (mise à jour du 5 septembre 2019), Ministère de la Culture, Direction de la conservation et de la restauration du patrimoine culturel, consultée le .
- Liste générale des biens culturels protégés, wilaya de Batna (mise à jour du 5 septembre 2019), Ministère de la Culture, Direction de la conservation et de la restauration du patrimoine culturel, consultée le .
- Notre wilaya (palmiers, Deglet Nour du Zab Gharbi ; en arabe), Direction du tourisme et de l’artisanat de la wilaya de Biskra, consultée le .
- Dattes, une production de plus de 4 millions de quintaux attendue à Biskra (16 septembre 2026, d’après l’APS), Algérie Eco, consultée le .
- Biskra, 2,6 millions de quintaux de Deglet Nour attendus cette saison (17 septembre 2026), Maghreb Émergent, consultée le .
- Valorisation de la datte Deglet Nour de Tolga (9 octobre 2024), OMPI, bureau en Algérie, consultée le .
- Validation du label IG pour la figue sèche de Béni Maouche et la Deglet Nour de Tolga (14 juillet 2016, d’après l’APS), Algérie 360, consultée le .
- Landon Park, Archnet, consultée le .
- Le jardin Landon (19 octobre 2015, en arabe), Radio Algérie, consultée le .
- Quand la verdure épouse la magie du désert (jardins de Biskra, 27 juin 2026, en arabe), El Massa, consultée le .
- Sidi Okba (mosquée, minaret et tombeau), Ali Lafer, Discover Islamic Art (Museum With No Frontiers), consultée le .
- Sidi Okba Mosque (complexe religieux de 2009, d’après Archnet), Wikipédia, consultée le .
- Environ 1 500 vieux manuscrits conservés à la zaouïa Benamor de Tolga (17 mai 2018, d’après l’APS), Radio Algérie, consultée le .
- Tolga, un site culturel à l’abandon (21 avril 2021), Liberté, consultée le .
- M’Chouneche, le canyon aux mille reflets (13 juillet 2025), Horizons, consultée le .
- Les balcons de Ghoufi, un ancien village berbère taillé dans une falaise, en péril (1er février 2024), TSA Algérie, consultée le .
- Préservation des balcons du Ghoufi, une enveloppe de 150 millions de DA mobilisée (19 janvier 2025), La Sentinelle, consultée le .
- Zones d’expansion et sites touristiques (Ghoufi, commune de Ghassira, daïra de T’Kout), Direction du tourisme et de l’artisanat de la wilaya de Batna, consultée le .
- Les systèmes oasiens des gorges du Rhoufi et d’Oued Labiod (liste indicative, 28 avril 2025), Centre du patrimoine mondial de l’UNESCO, consultée le .
- Fiche de la liste indicative n° 6833 (relais de la page de l’UNESCO), worldheritagesite.org, consultée le .
- L’art culinaire (chakhchoukha et dobara, « connues pour leur goût piquant » ; en arabe), Direction du tourisme et de l’artisanat de la wilaya de Biskra, consultée le .
- La dobara de Biskra, plat populaire (26 août 2024, en arabe), El Djanoub El Kabir, consultée le .
- Chakhchoukha (version de Biskra au rougag, d’après R. Bouayed, La cuisine algérienne, 1983), Wikipédia, consultée le .
- Salihin (complexe thermal de Hammam Salihine), Ministère du Tourisme et de l’Artisanat, consultée le .
- Zones d’expansion et sites touristiques (Hammam Salihine, exploité par l’EGT Biskra ; en arabe), Direction du tourisme et de l’artisanat de la wilaya de Biskra, consultée le .
- L’EGT Biskra à la conquête du tourisme saharien, et entretien avec son directeur général (n° 40, décembre 2024), Tourisme & Voyages, consultée le .
- Youcef Belayadi, directeur de l’hôtel Les Ziban (18 novembre 2023), Tourisme & Voyages, consultée le .
- Biskra, hôtel Les Ziban, Fernand Pouillon en ligne (fernandpouillon.com), consultée le .
- Aéroport Mohamed Khider (code BSK, liste des escales), Air Algérie, consultée le .
- Programme des vols, Air Algérie, consultée le .
- Déraillement à Alger, la SNTF modifie temporairement la circulation des trains (train de nuit Alger-Touggourt, 8 août 2026), Algérie 360, consultée le .
- Calcul des distances routières (profil voiture, données OpenStreetMap), OSRM, consultée le .