Guide de destination

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Biskra, les palmeraies des Ziban et les portes de l’Aurès

Biskra est la ville des Ziban, un chapelet d’oasis au pied de l’Atlas saharien. On y vient pour ses palmeraies, pour la mosquée où repose Okba Ibn Nafi, pour une cuisine relevée et des dattes cueillies à quelques kilomètres. Comptez deux jours, l’un pour la ville et Sidi Okba, l’autre pour Tolga ou la route des gorges ; un troisième laisse le temps de l’autre excursion ou d’un bain chaud.

Des palmiers dattiers dispersés au fond d’une vallée, au pied d’une falaise ocre aux strates inclinées, sous un ciel bleu traversé de nuages
La palmeraie de M’Chounèche, au pied des falaises de l’oued AbiodPhoto : Bernard Gagnon, CC BY 4.0 / Wikimedia Commons
Sommaire

Choisir selon vos envies

Remonter l’histoire
La mosquée de Sidi Okba et le tombeau d’Okba Ibn Nafi, puis l’ancienne mosquée et la zaouïa de Tolga.
Marcher sous les palmiers
Le jardin Landon et les palmiers de Biskra ; à Tolga, les jardins de la Deglet Nour, au moment de la récolte.
Prendre la route des gorges
La palmeraie de M’Chounèche, puis le village abandonné des balcons de Ghoufi, accroché à la falaise.
Se détendre au hammam
Le hammam du complexe thermal de Hammam Salihine, aux portes de la ville.
Goûter la cuisine
La dobara et la chakhchoukha, deux plats relevés, puis des dattes de la saison.

Biskra, la ville et le jardin Landon

Les Ziban sont des oasis alignées au pied de l’Atlas saharien : le Zab Gharbi à l’ouest, autour de Tolga, et le Zab Chergui à l’est, vers Sidi Okba. Biskra en est la grande ville. À 120 mètres d’altitude, entre le Tell et le Grand Sud, elle a gagné deux surnoms, « reine des Ziban » et « porte du désert ». Sa réputation tient à ses palmiers : la wilaya en compte environ quatre millions, et c’est elle qui produit le plus de dattes en Algérie.

En ville, le jardin Landon raconte une autre histoire. Le comte Albert Landon de Longeville l’a fait planter à partir de 1872, en mêlant aux palmiers des arbres et des plantes venus d’Europe et des tropiques. Le domaine a rétréci avec la ville, mais il reste un jardin public, à un quart d’heure de marche du centre, où les familles de Biskra viennent chercher l’ombre. Vérifiez les horaires avant de vous déplacer.

Une palmeraie en plein soleil : des rangées de palmiers dattiers sur une terre sableuse creusée de rigoles, de jeunes rejets à leur pied, et au premier plan le tronc écailleux d’un grand palmier

Une palmeraie de BiskraPhoto : Walid Tibermacine / Unsplash

Un grand palmier dattier vu d’en bas, ses palmes déployées contre un ciel bleu, au milieu d’autres palmiers

Palmiers dattiers à BiskraPhoto : Noureddine Bouabdallah / Unsplash

Sidi Okba et le tombeau d’Okba Ibn Nafi

À une vingtaine de kilomètres au sud-est de Biskra, la ville de Sidi Okba porte le nom de celui qui y repose. Okba Ibn Nafi, qui conduisit les armées arabes au Maghreb, fut tué en 683 dans une bataille contre Koceïla, près de Téhouda, à quelques kilomètres au nord. Son tombeau, que l’historien Georges Marçais datait de 686, compte parmi les plus anciens monuments islamiques d’Algérie.

Un long mur blanc couronné de merlons dentelés, percé de portes vertes, derrière lequel s’élève un minaret carré à deux niveaux de baies, sous un ciel bleu

La mosquée de Sidi Okba et son minaretPhoto Bernard Gagnon, Wikimedia Commons, CC BY 4.0, redimensionnée.

Une niche de prière en arc outrepassé, coiffée d’une coquille cannelée dorée, encadrée de stuc blanc ajouré et de deux colonnes vertes ; un tapis au sol

Le mihrab de la mosquéePhoto Bernard Gagnon, Wikimedia Commons, CC BY 4.0, redimensionnée.

La mosquée qui l’abrite a été remaniée au fil des siècles, mais elle garde une salle de prière aux colonnes faites de troncs de palmier enduits de chaux, une coupole au-dessus du tombeau et une autre devant le mihrab. Sa porte de cèdre sculpté est classée monument historique ; la mosquée et le mausolée sont inscrits à l’inventaire des biens culturels depuis 2007. L’ancien édifice est aujourd’hui entouré d’un vaste complexe religieux moderne.

Une salle de prière aux piliers blancs évasés vers le haut, posés sur des socles octogonaux verts ajourés, sous des poutres sombres ; des tapis rouges couvrent le sol

Dans la salle de prière de la mosquée de Sidi OkbaPhoto Bernard Gagnon, Wikimedia Commons, CC BY 4.0, redimensionnée.

C’est un lieu de culte et de pèlerinage avant d’être un monument. Venez en dehors des heures de prière, dans une tenue qui couvre les bras et les jambes, et demandez à l’entrée si l’on peut voir l’ancienne salle et le tombeau.

Tolga et la Deglet Nour

À 37 km à l’ouest de Biskra, Tolga est la ville de la Deglet Nour, la variété de datte la plus célèbre du Zab Gharbi, dont le nom évoque la lumière. Depuis 2016, la « datte Deglet Nour de Tolga » est protégée par une indication géographique qui couvre une dizaine de communes. On la cueille à l’automne, après les variétés précoces.

Deux palmiers dattiers vus en contre-plongée, leurs régimes enveloppés de sacs jaunes, sous un ciel bleu

Des régimes ensachés avant la récolte, à TolgaPhoto habib kaki, Wikimedia Commons, CC BY 3.0, redimensionnée.

À Tolga, la découverte du patrimoine passe notamment par l’ancienne mosquée et la zaouïa Ali Ben Omar. La mosquée, inscrite à l’inventaire en 2010, dresse son minaret pyramidal au-dessus du vieux quartier. La zaouïa, de la confrérie Rahmaniya, conserve environ 1 500 manuscrits ; le plus ancien, un commentaire du Coran, est daté de 355 de l’hégire, au Xe siècle. C’est un lieu d’enseignement religieux : demandez sur place si la bibliothèque se visite.

Une petite maison aux murs de terre, avec une porte de bois sombre, à côté d’un haut mur de terre éclairé par le soleil ; des palmiers derrière

Une maison de terre et de troncs de palmier à Mlili, dans les ZibanPhoto Dali Ali Mahmoud, Wikimedia Commons, CC BY-SA 4.0, redimensionnée ; adaptation sous la même licence.

M’Chounèche et les balcons de Ghoufi

Au nord-est de Biskra, la route nationale 31 remonte la vallée de l’oued Abiod vers Arris et Batna. Elle traverse deux paysages différents : la palmeraie de M’Chounèche, encore dans la wilaya de Biskra, puis, plus haut, le canyon de Ghoufi, dans la wilaya de Batna. Les deux se font dans la même journée, par la même route : 29 km de Biskra à M’Chounèche, et environ 55 km jusqu’au belvédère de Ghoufi. Classés sites naturels depuis 1928, les gorges de M’Chounèche et le canyon de Ghoufi figurent depuis 2025 sur la liste indicative de l’Algérie à l’UNESCO, première étape vers une candidature au patrimoine mondial.

Avant de choisir cette excursion, sachez que la diplomatie française déconseille, sauf raison impérative, la wilaya de Batna et le massif des Aurès, dans lequel s’enfoncent ces gorges : les niveaux de vigilance sont détaillés dans nos conseils pratiques.

M’Chounèche, la vallée de l’oued Abiod

M’Chounèche s’étire dans une vallée encaissée entre deux djebels, le long de l’oued Abiod, au milieu des palmiers. Au-dessus des jardins, on aperçoit les vestiges de villages perchés et de greniers. Le village se découvre à pied, entre la palmeraie et les rochers de l’oued : demandez sur place les chemins praticables, surtout après la pluie.

Le lit caillouteux d’un oued presque à sec, bordé de jardins verts et de palmiers, au pied d’une falaise ocre ; un grand palmier au premier plan

L’oued Abiod et la palmeraie de M’ChounèchePhoto Bernard Gagnon, Wikimedia Commons, CC BY 4.0, redimensionnée.

Au-dessus d’une rangée de palmiers et d’un mur de gabions, une falaise ocre rouge où s’accrochent des ruines de murs en pierre ; une eau boueuse au premier plan

Vestiges d’habitations au-dessus de la palmeraiePhoto Yassamine ouali, Wikimedia Commons, CC BY-SA 4.0, redimensionnée ; adaptation sous la même licence.

Les balcons de Ghoufi

Dans la commune de Ghassira, daïra de T’Kout, l’oued Abiod a creusé un canyon d’environ quatre kilomètres. Sur le rebord des falaises, d’anciennes maisons de pierre sèche et de terre, en partie creusées dans la roche, se serrent au-dessus des jardins du fond de la vallée, où poussent palmiers, grenadiers, figuiers et oliviers. Les derniers habitants sont partis dans les années 1970.

Un vaste canyon aux falaises ocre en strates ; au fond, une bande verte de palmiers suit l’oued ; une montagne bleutée ferme l’horizon

Le canyon de Ghoufi et sa palmeraiePhoto Bernard Gagnon, Wikimedia Commons, CC BY 4.0, redimensionnée.

Le belvédère offre déjà une belle lecture du canyon. Pour descendre vers les jardins, faites-vous accompagner et vérifiez les conditions du chemin sur place.

Un ancien village de maisons de pierre et de terre en ruine, serrées sur une pente aride, au-dessus de palmiers

Le vieux village de Ghoufi, au-dessus des jardinsPhoto Bernard Gagnon, Wikimedia Commons, CC BY 4.0, redimensionnée.

Une pause gourmande

La cuisine de Biskra a la réputation de piquer. La dobara en est le plat populaire : des pois chiches, parfois mêlés de fèves, servis avec leur bouillon, relevés d’ail, de cumin, de piment ou de harissa, avec un filet d’huile d’olive et du citron. On la mange dans de petites gargotes spécialisées, toute l’année, parfois dès le petit-déjeuner.

La chakhchoukha biskria se prépare le plus souvent avec du rougag, une galette très fine de semoule cuite à sec puis déchirée en petits morceaux, que l’on arrose au moment de servir d’une sauce rouge à l’agneau, aux pois chiches et au piment. Les chakhchoukhas des autres villes de l’Est sont présentées dans notre page sur la cuisine algérienne.

Pour finir, des dattes : à l’automne, la Deglet Nour arrive des palmeraies voisines.

Des dattes brun doré, encore attachées à leurs tiges, entassées dans des cagettes en plastique bleu

Des dattes de la région de BiskraPhoto : Radwan Menzer / Pexels

Un bain à Hammam Salihine

À environ 3 km à l’ouest du centre, sur la route de Batna, le complexe de Hammam Salihine s’est construit autour d’une source qui sort à 43 °C. Exploité par l’entreprise publique de gestion touristique de Biskra, il réunit un hammam traditionnel, un hôtel et des bungalows, dont certains ont leur propre bassin d’eau thermale. Fin 2024, le hammam fonctionnait et un nouveau bloc de soins était en travaux : demandez avant de venir ce qui est ouvert, et à quelles heures les bains sont réservés aux hommes ou aux femmes.

Ne le confondez pas avec Hammam Essalihine, près de Khenchela, et ses bassins romains, présentés dans notre guide des thermes.

Deux ou trois jours

Ces propositions sont un avis, fondé sur les distances et sur ce que chaque lieu apporte. Si le temps manque, gardez une envie plutôt que de tout enchaîner.

Premier jour
Biskra le matin, avec le jardin Landon et les palmiers de la ville ; l’après-midi à Sidi Okba, puis une dobara au retour.
Deuxième jour
Au choix, la route des gorges (M’Chounèche le matin, Ghoufi en fin de matinée, retour dans l’après-midi) ou Tolga et ses palmeraies.
Troisième jour
L’autre excursion, ou une journée plus lente, avec un bain à Hammam Salihine.

Venir, se déplacer et dormir

En avion. L’aéroport de Biskra (Mohamed Khider) se trouve à une dizaine de kilomètres au sud du centre. Air Algérie le relie à Alger ; les lignes et les fréquences changent selon la saison, consultez le programme de la compagnie avant de fixer vos dates.

En train. La SNTF fait circuler un train de nuit entre Alger et Touggourt, avec un arrêt à Biskra. Vérifiez les jours et les horaires auprès de la compagnie.

Par la route. Biskra est à 115 km de Batna et à 225 km de Constantine par la route nationale 3, et à environ 400 km d’Alger. Si vous venez de Constantine, l’itinéraire Constantine, Djémila, Timgad et Guelma passe par Timgad, sur l’autre versant de l’Aurès.

Sur place. En ville, on circule en taxi. Pour Sidi Okba, Tolga et la route des gorges, une voiture est plus commode : demandez conseil à votre hôtel pour une location ou un chauffeur.

Dormir. L’hôtel Les Ziban a ouvert en 1972 sur des plans de Fernand Pouillon, dont on reconnaît les coupoles ; il dispose d’une piscine. Il appartient à l’entreprise publique de gestion touristique de Biskra et se trouve en bordure de l’oued Sidi Zarzour. Pour dormir près des bains, le complexe de Hammam Salihine propose un hôtel et des bungalows. Vérifiez la disponibilité et le tarif à vos dates.

Plus au sud. Biskra peut ouvrir un voyage dans le désert : El Oued et Ghardaïa sont présentés dans notre guide Sahara et oasis.

Préparer mon voyage

Informations vérifiées le 10 octobre 2026.

Quand partir. Biskra a un climat sec et des hivers doux. Venez de l’automne au printemps, quand la chaleur laisse marcher dans les palmeraies ; l’automne est aussi la saison des dattes.

Distances depuis Biskra, par la route. Hammam Salihine, 3 km ; Sidi Okba, 21 km ; M’Chounèche, 29 km ; Tolga, 37 km ; belvédère de Ghoufi, 55 km.

Avant le départ. Formalités, argent, santé et sécurité : voir Préparer mon voyage.

Sources

Les faits cités sur cette page viennent des sources ci-dessous. Les conseils de visite relèvent de l’avis éditorial du guide.