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Thermes et sources chaudes, de Hammam Debagh à Zelfana

Choisissez d’abord ce que vous venez chercher. Le spectacle de l’eau qui jaillit sous une cascade de calcaire, à Hammam Debagh ; un bain dans des bassins romains, à Hammam Essalihine ; ou quelques jours de repos dans une station, à Bouhanifia ou à Hammam Guergour. Le pays ne manque pas de sources chaudes : il en compte des centaines, de la côte au Sahara.

La cascade de Hammam Debagh en entier : un large massif de calcaire strié de blanc, d’ocre et de brun, posé au bord d’une esplanade pavée, sous un ciel bleu
La cascade de calcaire de Hammam Debagh, près de GuelmaPhoto : Habib kaki, CC BY-SA 4.0 / Wikimedia Commons
Sommaire

L’essentiel

Voir l’eau jaillir
Hammam Debagh, près de Guelma, dans l’Est.
Un bain d’histoire
Hammam Essalihine, dans les Aurès, et Hammam Righa, à l’ouest d’Alger.
Quelques jours de cure
Bouhanifia et Hammam Boughrara, dans l’Ouest ; Hammam Guergour, près de Sétif.
Une sortie depuis Alger
Hammam Melouane, sur les hauteurs de Blida.
Au désert
Hammam Salihine, aux portes de Biskra, et Zelfana, entre Ghardaïa et Ouargla.

Horaires, soins et ce qu’il faut demander avant de venir : Avant de partir.

Un pays de sources chaudes

En 2015, une étude du ministère du Tourisme a recensé 282 sources thermales en Algérie, jaillies d’elles-mêmes ou atteintes par forage. Elles ne se valent pas toutes pour le voyageur. Certaines alimentent des stations thermales, avec un hôtel, des bassins et des soins : la plupart des grandes stations publiques appartiennent au groupe Hôtellerie, Tourisme et Thermalisme. D’autres font tourner un bain traditionnel, un hammam où l’on vient pour quelques heures. Le ministère en compte un peu plus de trente.

Cette page ne les passe pas en revue. Elle propose quelques lieux où l’eau chaude vaut le voyage, regroupés selon ce que l’on vient y chercher.

Hammam Debagh, la cascade d’eau chaude

À une vingtaine de kilomètres à l’ouest de Guelma, au centre de la petite ville de Hammam Debagh, l’eau chaude a construit son propre décor. En coulant, elle dépose du calcaire, et ce dépôt a fini par former une cascade de 8 mètres de haut sur 40 mètres de large. L’eau y sort à près de 97 °C, avec un débit d’environ 500 litres par seconde : des mesures scientifiques de 2016 relèvent jusqu’à 96 °C à la source. À côté, sur le plateau d’el-arayes, plus de cent cônes de calcaire marquent l’emplacement d’anciennes sources taries.

Le site est classé parmi les sites naturels depuis 1993. Les Romains y avaient déjà installé des thermes, Aquae Thibilitanae. On l’a longtemps appelé Hammam Meskhoutine, avant que le nom de Hammam Debagh ne devienne officiel. La cascade se regarde : l’eau est brûlante, on ne la touche pas. On se baigne dans les établissements de la localité, du grand complexe thermal de Hammam Chellala aux bains traditionnels, et un nouvel hôtel thermal y a ouvert en 2025.

La cascade vue d’en bas : un rideau de calcaire strié de blanc, d’ocre et de brun, sur lequel ruisselle de l’eau, sous un ciel bleu

La cascade, vue d’en basPhoto Zahra Fetouhi, Wikimedia Commons, CC BY-SA 4.0, redimensionnée ; adaptation sous la même licence.

Hammam Debagh fait partie de l’itinéraire Constantine, Djémila, Timgad et Guelma, qui lui consacre une journée avec le théâtre de Guelma.

Se baigner dans l’histoire

Hammam Essalihine

Près de Khenchela, dans la commune d’El Hamma, Hammam Essalihine est l’antique Aquae Flavianae. Ses bassins romains, en plein air, reçoivent toujours l’eau chaude, et l’on s’y baigne. Le site est classé bien culturel depuis 2010. C’est un bain traditionnel plus qu’une station, et il était très fréquenté au printemps 2026, après des travaux de réhabilitation.

Un bassin circulaire rempli d’une eau vert pâle, entouré d’une margelle de pierre, entre des murs antiques de brique et de pierre percés d’arcs

Un bassin romain de Hammam Essalihine, en 2005Photo --Batni, Wikimedia Commons, Licence Art Libre, redimensionnée ; adaptation sous la même licence.

Hammam Righa

À une centaine de kilomètres à l’ouest d’Alger, dans la wilaya d’Aïn Defla, Hammam Righa occupe l’emplacement d’Aquae Calidae, une station que les Romains connaissaient déjà. Le site antique est inscrit à l’inventaire des biens culturels depuis 2013. Aujourd’hui, un complexe thermal y réunit un hôtel, des chalets et des soins, à environ 600 mètres d’altitude. Ses sources sortent à 44 et à 68 °C, et une source froide et gazeuse coule non loin.

Des palmiers et des pins au premier plan, devant une longue chaîne de collines dénudées aux tons mauves, sous un ciel pâle

Les environs de Hammam RighaPhoto Galaxyz27, Wikimedia Commons, CC BY-SA 4.0, redimensionnée ; adaptation sous la même licence.

Quelques jours de cure

Ces stations sont faites pour rester plusieurs jours : hôtel sur place, bains et soins encadrés par du personnel médical.

Bouhanifia

À une vingtaine de kilomètres de Mascara, au bord de l’oued El Hammam, Bouhanifia est une ville entière tournée vers ses sources. Sa station publique fonctionne depuis 1930, avec plusieurs hôtels, et l’eau y sort jusqu’à 70 °C environ. La ville concentre la plupart des établissements hôteliers de la wilaya. Une station antique, Aquae Sirenses, se trouvait ici ; ses ruines, classées en 1941, sont aujourd’hui considérées comme disparues.

Une rue au crépuscule, bordée de voitures garées, devant un long bâtiment blanc de plusieurs étages surmonté de l’inscription « Station thermale » en français et en arabe

La station thermale de BouhanifiaPhoto habib kaki, Wikimedia Commons, CC BY 3.0, redimensionnée.

Hammam Boughrara

À l’extrême ouest, au bord de la Tafna et près de Maghnia, la station de Hammam Boughrara reçoit une eau à 45 °C. Elle a été rénovée : de nouveaux appartements ont été inaugurés en juin 2026, et son hôtel devait rouvrir à l’automne, après travaux. Elle se combine avec une visite de Tlemcen.

Hammam Guergour

À une cinquantaine de kilomètres de Sétif, près de Bougaa, la station de Hammam Guergour est installée dans les reliefs que traverse l’oued Bousselam. L’eau y sort autour de 44 °C. Au centre de la petite ville, des thermes romains attendent leur classement : le dossier est en préparation. Les montagnes alentour se prêtent à la randonnée.

Une petite ville aux maisons claires et aux minarets blancs, au pied d’une montagne couverte de maquis et barrée de falaises rocheuses

Hammam Guergour, au pied de la montagnePhoto LAKEHAL13, Wikimedia Commons, CC BY-SA 4.0, redimensionnée ; adaptation sous la même licence.

Hammam Melouane, au bord de l’oued

À une trentaine de kilomètres de Blida et à une quarantaine au sud d’Alger, Hammam Melouane est la sortie thermale des Algérois. La source, à 39 °C, sort dans une vallée de montagne, au bord de l’oued. L’ancien complexe a été démoli ; un hôtel propose aujourd’hui hébergement et bains. Après les pluies, quand l’oued coule de nouveau, on vient aussi pour la vallée elle-même.

Une route passe sous un portique bleu inscrit en arabe, entre deux tours ocre à arcades, et s’enfonce dans une vallée aux collines boisées

L’entrée de Hammam MelouanePhoto Habib kaki, Wikimedia Commons, CC0.

Hammam Salihine, aux portes de Biskra

Ne le confondez pas avec Hammam Essalihine, près de Khenchela. Celui-ci se trouve à environ 3 km à l’ouest du centre de Biskra, sur la route de Batna. Autour d’une source qui sort à 43 °C, le complexe réunit un hammam traditionnel, un hôtel et des bungalows, exploités par l’entreprise publique de gestion touristique de Biskra. Fin 2024, le hammam fonctionnait et un nouveau bloc de soins était en travaux : demandez ce qui est ouvert avant de venir. Pour l’associer aux palmeraies et aux villages des Ziban, voir notre guide de Biskra.

Zelfana, une source dans le Sahara

Zelfana est née d’un forage : en 1956, en creusant pour la route nationale 49, entre Ghardaïa et Ouargla, on a trouvé de l’eau chaude. Elle sort autour de 45 °C, au milieu du désert, et la petite ville vit de ses bains traditionnels, de ses piscines et de ses petits hôtels. Zelfana se rejoint depuis Ghardaïa, que présente le guide Sahara et oasis.

Avant de partir

Les informations de cette page ont été vérifiées le 9 octobre 2026, et le 10 octobre pour Hammam Salihine.

Ce guide ne prête aucune vertu médicale à ces eaux. Les stations proposent des soins, parfois sous surveillance médicale : si vous venez pour une cure, parlez-en d’abord à votre médecin. Les horaires, les tarifs et l’accueil des bains ne sont pas publiés : demandez-les à l’établissement avant de faire la route. Pour Zelfana et Hammam Guergour, nous n’avons pas trouvé d’information récente sur leur accueil : vérifiez-le avant de partir. Préparer mon voyage réunit les formalités et les conseils aux voyageurs.

Sources

Les faits cités sur cette page viennent des sources ci-dessous. Les conseils de visite relèvent de l’avis éditorial du guide.